TCK TCK TCK, the world is ready.
Retour sur une coalition environnementale innovante

Juliana Capblancq (2010)

Tck tck tckTCK TCK TCK, The world is ready. Focus sur une coalition environnementale innovante

Synthèse rédigée par Aurélia Jourdi (promotion 2013-2014)
dans le cadre du module Rédiger pour le web

Dans les années 2000, l’opinion publique s’intéresse de près à la question du changement climatique et des problèmes environnementaux. Dans le contexte du sommet de Copenhague, des coalitions environnementales se sont développées et ont lancé de larges campagnes de communication afin de rallier le plus grand nombre à leur cause. TCK TCK TCK reste le rassemblement le plus emblématique de ce mouvement. Retour sur une coalition innovante afin de comprendre pourquoi et comment ces organisations font-elles campagne autour des enjeux climatiques auprès du grand public.

Le grand public s’accorde de nos jours un rôle d’acteur autour de la question climatique. Il cherche à s’impliquer en recherchant des informations de plus en plus accessibles, il devient incitateur et pousse les organismes et politiques à mettre en place des actions importantes face aux problèmes environnementaux grandissants.

Ainsi, on a pu voir l’émergence de coalitions qui sont un rassemblement de plusieurs ONG. Leur but est de mener des actions et opérations de communication afin de rallier le plus grand nombre de personnes à leur cause. Pour se faire, ces coalitions font passer leurs messages grâce à des personnalités, par internet ou par le biais des réseaux sociaux. La coalition la plus emblématique est le mouvement « TCK TCK TCK, the world is ready » qui rassemble le plus d’adeptes (ralliement de 15 millions de personnes en à peine 6 mois).

Au cours de son mémoire, Juliana Capblancq, étudiante en 2009/2010 en Master Communication des entreprises et sociologie des TIC de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, a exploré différentes problématiques : « De quelle manière Tck Tck Tck a-t-il pu rallier à sa cause autant de personnes en aussi peu de temps ? »*, « Quels bénéfices en tirent les OGN? »*, « Quel bilan peut-on faire de cette campagne ? »*,…

Afin de mener cette étude, l’étudiante s’est appuyée sur la lecture d’ouvrages scientifiques, sociologique et de communication. Elle a également réalisé des entretiens auprès de professionnels occupant des postes à responsabilités et ayant joué un rôle dans la formation de la coalition (le PDG monde de Havas Worlwide, le PDG de l’agence de communication Ligaris, la directrice communication de Greenpeace France…).

Un contexte propice à l’émergence de coalitions environnementales :

L’analyse réalisée par Juliana Capblancq identifie plusieurs paramètres qui expliquent la formation de coalitions environnementales.
Tout d’abord les données scientifiques sont de plus en plus alarmantes. Le dernier rapport d’évaluation de 2007 du GIEC, un groupe d’expert Intergouvernemental sur l’évolution de Climat, fait état d’une situation des plus inquiétantes concernant l’évolution chaotique de la situation climatique et des conséquences des activités humaines. De plus, il dénonce les faibles mesures prises afin d’atténuer l’impact de l’homme sur la planète.

Ensuite, les sommets de la terre, qui sont des rencontres entre dirigeants mondiaux qui ont lieu tous les 10 ans, ont un succès plutôt mitigé et sont identifiés comme non efficace de par la disparité des engagements peu ambitieux des différents états. L’objectif de ces sommets est de « parvenir à rédiger un traité international censé mettre en place des mesures concrètes pour limiter l’impact écologique des activités humaines et assurer le développement durable des sociétés ». Mais pour les ONG, il ne résulte de ces sommets qu’une inactivité politique et pousse ces organisations à prendre le devant de la scène.

Enfin, de nombreuses études et enquêtes montrent que les problèmes environnementaux s’inscrivent à présent comme l’une des préoccupations principales dans le conscient collectif. Notamment en France avec un tournant pour cette prise de conscience. La population ressent que leur vie quotidienne et leur consommation personnelle est impactée par les dérèglements climatiques. L’un des résultats de cette prise de conscience est une réorientation vers une consommation plus responsable et écologique.

L’apparition des coalitions en amont du Sommet de Copenhague.

Le but des coalitions est « de faire pression sur les institutions internationales afin de régler aux mieux les questions environnementales ». Avec l’approche du Sommet de Copenhague, celles-ci se sont dirigées vers le même but : rallier le grand public vers un questionnement climatique international.

Voici les trois coalitions les plus affluentes :

  • La coalition 350.org a pour but de « convaincre les chefs de gouvernements de parvenir à un consensus probant pour enrayer le réchauffement climatique ». Elle s’illustre par des actions réalisées dans le monde entier.
  • Issue d’ONG françaises, L’ultimatum climatique cherche à envoyer un message clair aux chefs d’États quant aux décisions devant être prise. L’utilisation des réseaux sociaux et d’un portail internet rassemblant de nombreux liens, furent les outils les plus efficaces pour mener leur campagne.
  • Imaginé par l’agence de communication, EuroRSCG, Tck Tck Tck a pour but de montrer aux politiques que la question environnementale est un sujet préoccupant pour le grand public. Elle base ses actions sur une campagne « open source » et participative afin d’offrir un maximum de visibilité à l’organisation. En s’appuyant sur un site web informatif et communautaire, une pétition musicale mondiale et novatrice et l’utilisation des réseaux sociaux, TckTckTck est la coalition ayant rassemblé le plus de personnes.

TCK TCK TCK : une campagne fédératrice mais critiquée

De nombreux professionnels saluent la réussite de TCK TCK TCK qui s’adresse au grand public grâce à une campagne participative et à des messages simples déclinables par tous. D’intérêt mondial, TCK TCK TCK a su attiré des actifs de tous les horizons : anonymes et professionnels, ONG et industriel, personnalités et politiques. Tous se sont sentis concernés par les objectifs de cette coalition fortement médiatisé.

Mais certains professionnels de la communication ou du domaine de l’environnement, interviewés par l’auteur, s’interrogent quant aux biens faits de ce mouvement qu’ils trouvent trop « show business » et opportuniste. Même si certaines actions créent une réelle prise de conscience du grand public, on peut se demander quels sont les objectifs profonds de ce type de coalition hormis le rassemblement du plus grand nombre de personnes. Y a-t-il des actions à long terme prévues après le sommet de Copenhague ? Beaucoup de coalitions environnementales ont émergé avec le sommet de Copenhague, avec la lecture de ce mémoire on peut se demander quel est l’avenir de ces regroupements après le sommet.